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Livre imprimé, livre numérique, blog ou site

Lundi 11 août 2014, 20:33 - Echos Parlants

En écho de ces 3 billets, voici

Livre imprimé, livre numérique, blog ou site sont des objets différents. Ils offrent des possibilités différentes, répondent à des besoins différents. Chaque objet a ses logiques propres découlant de la technique. L'absurdité pour un écrivain inventif, consiste à vouloir faire un livre numérique qui imite le livre imprimé, un blog qui se limite à la promo de ses oeuvres. Alors que l'écrivain créatif a de multiples champs d'expérience littéraire, qui ne sont plus limités au texte.

Le livre numérique ne se vend pas dès qu'il sort du commercialement correct, l'offre et la demande, c'est à dire sexe, polar et romance. Et alors ? Le livre imprimé ne se vend pas mieux quand ce n'est pas un best-seller et encore moins quand vous n'avez pas trouvé d'éditeur. Où est le problème ?

Publier gratuitement sur son blog ou son site permet éventuellement d'avoir plus de lecteurs et de lectrices, que de livres numériques vendus. Mais, dans ce monde de pillage ou des goinfres financiers s'empiffrent, il est illusoire de croire que l'avenir est meilleur : les visites sur nos blogs et sites dépendent du référencement que veulent bien concéder les grands moteurs de recherche. Parce que vous ne représentez aucune valeur marchande aucun profit possible pour la machine à sous, qu'en sera-t-il quand Google aura fermé le robinet en nous reléguant à la 100e page (site ou blog classé 1001e à 1010e - combien de personnes cherchent un site ou un blog au-delà de 14 ou 15 pages de résultats ?).

Publier gratuitement ses textes sur son blog ou site, plutôt que de tenter de les vendre en édition numérique, revient à reformuler la grande question du marché du livre, combien avons-nous collectivement de clients potentiels ? Ainsi : combien avons-nous collectivement de lecteurs potentiels parmi tous les visiteurs sur le Web ? Mais cette interrogation cache une réalité beaucoup plus sombre. En étant ockhamiste, je me demanderais : combien de lecteurs et de lectrices, dans le vaste monde, peuvent être sensibles à mes créations numériques ? Ou pire encore : parmi les visiteurs francophones avertis et curieux, lecteurs, lectrices, écrivains, combien sont-ils, combien sont-elles à s'intéresser à ce que je fais sur mon site ou mon blog ? Combien ? Répondez, bandes de rhinos, combien ?

Il n'y a plus personne. Voilà. Silence.

Alors, si écrire n'est pas un plaisir (une souffrance, une nécessité... complétez à votre idée), livre imprimé ou livre numérique ou blog ou site, pourquoi ne pas jouer du piano ou du saxo, faire du vélo, peindre ou dessiner, chanter, danser, que sais-je, vous n'avez plus l'âge de la poupée ou du camion.

L'écrivain n'écrit pas pour être lu, c'est absurde, il ou elle écrit parce que ça lui plaît, comme faire du vélo, danser, peindre ou dessiner, jouer, composer, inventer, construire quelque chose qui tient debout.

Et quand on écrit, publier c'est exister. Cette possibilité, publier à son idée, est devenu accessible grâce à l'outil numérique. Bien sûr, on existe dans le regard de l'autre et lorsque vos billets restent sans commentaires, lassitude et démotivation pointent le bout de leur nez (à propos, ont-elles un nez ou un museau ?). Pour autant, il ne faut pas succomber à la tentation et mettre fin à ses jours : vous passeriez des nuits sans fin.

Publier, pour l'écrivain, c'est exister, même si vous n'avez pas ou peu de lecteurs.

Pas d'accord ? Alors là vous me faites rire : le contraire m'aurait étonné. Pour tout dire, j'aurais été stupéfacté, renversé sur la chaussée sans chaussettes, époustoufilifié pour le restant de mes jours et de mes nuits, sans compter les congés pas payés.

Et c'est peu dire.

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Arnaud Maïsetti | Carnets
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