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Le loup, une pression permanente

Dimanche 10 août 2025 - Paysages colorés

Photos : Jacques Bouchut

Les zones d’élevage, montagneuses et boisées, sont particulièrement favorables au développement et à la dispersion, au-delà de ces territoires, de meutes de loups. C’est le cas en Drôme, au sud du Vercors.

Jeune chevreuil tué par un loup

Une jeune chevreuille est venue mourir chez moi : poursuivie et blessée par un loup, elle a eu juste le temps de sauter la clôture avant de s’effondrer un peu plus loin dans la propriété.

Mon chien, qui a assisté à la scène vers 9 heures du matin, est rentré dans la maison, terrorisé. C’est pourtant un chien de 5 ans, croisé Beauceron, absolument pas craintif.

Dans un article de 2020, En protection contre les loups, ces chiens qui font peur aux promeneurs, j’écrivais qu’une bonne stratégie de protection de chaque troupeau consistait à mélanger 3 types de chiens : les gardiens au milieu du troupeau, les aboyeurs en périphérie et les patrouilleurs qui rôdent aux alentours, pour éloigner les loups.

En 2025, exit des patrouilleurs. Les éleveurs ont eu trop de problèmes avec promeneurs et randonneurs. À présent ils sélectionnent des chiens aptes à rester avec le troupeau de moutons dans l’enclos, ce qui rend la défense moins efficace, car moins dissuasive. De plus, le "troupeau" d’une vingtaine de chiens est passé à une trentaine, avec les chiens "inactifs", ce qui représente un sérieux problème d’élevage.

Sous la pression des loups, la faune sauvage s’est rapprochée des fermes, pour tenter de bénéficier de la protection des chiens. Et, profitant de l’aubaine, les loups ont suivi le mouvement.

Dans mon secteur, il y a 2 meutes de loups. Les chiens du voisin aboient toute la nuit au moindre bruit et finalement tout le monde est stressé : chiens, moutons, éleveurs, cerfs et biches, chevreuils, chamois, lièvres (etc). et loups (probablement). Je suis à la retraite et si je dors mal la nuit, ce n'est pas grave, je peux faire la sieste.

En période d’estive où le gros des troupeaux est en alpages, les loups du secteur augmentent leur pression sur ce qui reste à manger sur place.

La situation est absurde et les solutions mises en place ne font qu’aggraver les problèmes. Dans l’équation des "équilibres naturels", on a oublié que, contrairement à la plupart des espèces de mammifères, si chaque meute a son territoire, les loups vont où ils veulent, car leurs populations augmentent et se dispersent de plus en plus par les jeunes chassés des meutes et obligés de partir ailleurs.

Le loup est une espèce envahissante, comme l’être humain. Comment ces 2 espèces peuvent-elles vivre sur le même territoire "Terre" ? Deux problèmes paradoxaux à résoudre avant la fin du monde.

Les chasseurs exercent une pression saisonnière sur la faune sauvage, et sur les habitants, parfois, lorsqu’ils chassent trop près des maisons. Les loups opèrent toute l’année, leur pression est permanente sur la faune sauvage et les élevages. Les éleveurs paient le prix fort en travail supplémentaire (chenil, démarches administratives), en fatigue et découragement. L'élevage est devenu un métier à haut stress permanent.

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