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Cinéma : petits circuits deviendront grands

Jeudi 15 septembre 2016, 15:25 - Du Vent dans les Branches

Cinéma commercial, cinéma indépendant, cinéma hors-circuit, tout ça c'est du cinéma, sur grand écran, à la télé, sur écran d'ordinateur...

Image du film L'usine de Jean Riant

L'usine de Jean Riant

S'ils veulent exister hors du circuit traditionnel, la réalisatrice, le réalisateur ont le même problème à résoudre que l'écrivain : comment produire et diffuser notre oeuvre ? Il ne s'agit plus seulement d'écrire un livre, de réaliser un film, il faut produire et distribuer, puisque personne ne le fera à notre place.

Pour cela, la réalisatrice, le réalisateur doivent changer de métier en devenant producteur, réalisateur, opérateur, en s'occupant du traitement numérique des images et des sons, monteur... En apprenant, ils deviennent webréalisateurs, car la diffusion de leurs films passe par Internet.

Mais avant de développer l'idée, j'ai envie de bifurquer en m'interrogeant sur le processus créatif : documentaire ou fiction, quelle différence y a-t-il entre un livre numérique, une vidéo, un film ? Dans tous les cas, le webécrivain, le webréalisateur sont amenés à monter des textes, des images et des sons. Ou des images, des textes et des sons.

Image du film L'usine de Jean Riant

L'usine de Jean Riant

Laissons de côté la différence entre doc et fiction, la technologie numérique offre de nouvelles possibilités de montage : montage d'images et de sons sur un texte, montage de textes et de sons sur des images, montage d'images et de textes sur une bande-son, montage mixte.

Si vous pensez que textes, images et sons sont des objets indépendants qui n'ont pas la finalité d'illustrer (commentaire de ce qu'on voit, musique d'ambiance, illustration d'un texte), alors chaque objet doit trouver sa place pertinente dans la narration, par le montage.

Pour le livre numérique, j'ai abordé cette interrogation dans La fiction numérique, un collage de textes, d’images et de sons et dans d'autres billets. Fin de la digression.

L'ère numérique a ouvert la voie de l'autoédition, de l'autoproduction, l'auteur devenant libre de faire ce qu'il veut. A condition d'apprendre de nouveaux métiers, de nouvelles spécialisations ou de se faire aider. Ce qui semble plus facile dans le monde du cinéma que dans celui de la littérature, car si l'écrivain est solitaire, le réalisateur a une pratique collective.

De toute façon, devenir webécrivain ou webréalisateur suppose l'abandon d'une illusion, le deuil du circuit traditionnel, éditeur - livre papier ou distributeur - grand écran. Et l'ouverture d'esprit à une technologie fantastique pleine de possibilités créatrices.

Ici, une question se pose : est-ce que ce nouveau cinéma est hors circuit ?

Bien évidemment non : que son film soit projeté sur grand écran en salles de cinéma ou qu'il soit diffusé par vimeo, dailymotion ou visible par une poignée de spectatrices et spectateurs en salle associative, l'auteur produit pour un circuit. Dans un monde qui a changé, je devrais dire pour des circuits.

Alors pourquoi toujours se référer au cinéma de papa, comme on se réfère au livre imprimé ? Ce besoin de reconnaissance est pour la plupart d'entre nous une illusion qui nous épuise, alors que nous avons besoin de canaliser notre énergie vers nos projets constructifs, vers nos créations, nos réalisations.

Se libérer du cinéma de papa, c'est envisager de faire des films sans financement préalable. Comment ? Justement en se posant la question dans cette nouvelle perspective : qu'est-il possible de faire avec les technologies numériques ? Acquisition (images, sons), réalisation, distribution numériques (Internet). Une autre vision du cinéma. Un autre cinéma pour de nouveaux spectateurs.

Image du film Spring yes yes yes d'Audrey Ginestet

Spring yes yes yes d'Audrey Ginestet

Il y a longtemps que je ne vais plus voir de films en salles de cinéma commercial : le niveau sonore est beaucoup trop élevé. Combien de personnes regardent des films à la télé ou sur ordinateur ? Certes, il y a des films qui ne sont pas faits pour ces formats d'écran. Mais l'histoire du cinéma, c'est le passage du cinéma de foire ou de café aux salles de cinéma, du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur, de la pellicule au numérique.

Les réalisateurs ne réalisent pas l'opportunité qu'ils ont d'avoir une vision collective : qu'attendent-elles, qu'attendent-ils pour créer leurs propres réseaux de distribution sur Internet ? Les nouveaux circuits de cinéma sont là, dans les tentatives de notre époque.

Petits circuits deviendront grands.

8 liens vers des associations ou des collectifs de réalisateurs, des plateformes VoD

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