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La fiction numérique, un collage de textes, d’images et de sons

Samedi 2 avril 2016, 10:49 - Du Vent dans les Branches

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Si, au lieu d’écrire un texte et de l’illustrer d’images et de sons, vous commencez par créer des images, puis vous les organisez dans un certain ordre, vous obtenez une première fiction. Ensuite, vous écrivez des textes que vous intercalez entre les images. Vous obtenez une deuxième fiction. Ensuite, vous créez des bandes-sons (voix qui dit un texte, musique, bruits), que vous intercalez également. Vous obtenez une troisième fiction. Enfin, vous travaillez vos textes, vos images et vos sons pour obtenir la fiction finale. Ainsi, à chaque étape vous avez créé une nouvelle fiction à partir de la précédente, jusqu’à obtenir le résultat que vous souhaitez.

Apportant une complémentarité dans la lecture globale, chaque élément est constitutif de la fiction numérique. Il n’y a pas d’illustration : si vous supprimez une image ou un son, votre fiction ne tient plus.

Alors que pour un texte illustré, vous pouvez supprimer toutes les images, le texte se suffit à lui-même. C’est autre chose, c’est un roman.

Au lieu de partir d’images, vous pouvez construire une fiction numérique à partir de liens vers des pages d’autres auteurs sur Internet. Ou encore à partir de bandes-sons.

La plus mauvaise façon me semble de partir de textes, car avec les habitudes d’écriture que nous avons pour le moment, il sera difficile de ne pas tomber dans l’illustration du texte. Les autres démarches me semblent plus créatives. Pourtant, rien n’empêche d’avoir un projet cohérent au départ et de réaliser ensuite la fiction numérique à partir du plan qu’on s’est fixé.

Quelle que soit la méthode utilisée, la fiction numérique créée ainsi est le résultat d’un collage de textes, d’images et de sons.

On pourra par exemple faire des photos avec une mise en scène adaptée au projet de fiction, puis retoucher les photos avec un logiciel de traitement d’image pour créer une ambiance par exemple, puis en sélectionner quelques-unes et les organiser dans un certain ordre. On obtient une fiction d’images.

Mais partant des sons, on peut enregistrer des bruits, des musiques, des voix qui lisent, fabriquer des bandes-sons avec un logiciel de traitement de son. On obtient une fiction de sons.

Si on commence par sélectionner des liens vers des pages web, on obtient une fiction de liens.

C’est le premier stade d’élaboration de la fiction que nous avons en projet.

Quand on a rassemblé tous les éléments, textes à lire, images à regarder, bandes-sons à écouter (dont les textes à entendre), liens sélectionnés, alors commence le travail de collage, le travail de montage, comme au cinéma on fait le montage du film à partir des différences séquences filmées. Sauf que, dans le cas de la fiction numérique, on pourra continuer d’écrire des textes, de fabriquer des images, et des sons, de choisir des liens. C’est un processus créatif qui n’a pas besoin d’être entièrement défini dès le départ.

Bien évidemment, une fiction numérique ne contient pas nécessairement des liens ou des sons, ni même des images. Ce qui amène à se poser les questions : qu’est-ce qu’une fiction numérique ? Quelle différence y a-t-il entre une fiction numérique et un roman ?

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