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Ces contes de fées auxquels on croit dur comme enfer

Mercredi 5 juillet 2017 - Que dit Sophie aujourd'hui ?

Il me semble que le propre de l'être humain c'est de savoir combiner habilement esprit critique, jugement, suspension de son jugement, intuition, sentiments, émotions, raison. Tout le monde sait que nos sens nous trompent et qu'il faut être prudent, curieux, logique.

Sophie est un personnage. Voyons ce que dit Sophie aujourd'hui.

Sophie, aujourd'hui, elle dit ceci :

Inventer ce qui n'existe pas est le propre des religions et des idéologies, ainsi que des gens qui veulent imposer leur idée du monde (réalité seconde), avec leurs contes de fées. Mais, comme chacun sait, toutes les fées ne sont pas bonnes à tout faire. Il y en a dont il vaut mieux se tenir à distance.

Il y a des raisonnements philosophiques qui font penser à la quête du Graal. A jouer de façon théorique avec les concepts et la logique, on finit parfois par inventer, avec des logiques abstraites, ce qui n'existe pas (dans la réalité première des choses et des êtres vivants). Cette magie philosophique capable de sortir un lapin noir d'un chapeau blanc, artifice illusoire, créé avec une habileté diabolique, est éblouissante tant qu'on l'observe à distance et qu'on ne cherche pas à s'en servir.

L'histoire est une fiction, les histoires nationales sont des fictions. Les religions sont des fictions. Mais la philosophie aussi est une fiction quand elle a profondément imposé l'idée que la seule vérité est celle de Socrate et de Platon. L'opinion, l'idée que chacun peut se faire de la réalité, est bannie au profit du raisonnement logique. L'opinion ne peut être qu'un sentiment, une perception fausse de la réalité. Alors que brille dans toute sa splendeur la raison pure, seule voix royale vers la vérité.

Cependant, depuis Wittgenstein, on sait que les raisonnements peuvent être bancals ou faussés par le piège des mots. On a constaté que les vérités peuvent être contradictoires. Cela aurait dû suffire à nous inciter à la prudence et à réserver le raisonnement logique aux mathématiques sous peine de d'élucubrations philosophiques, principalement dans le domaine de la réflexion sur l'essence, la nature des choses, l'être (suprême, Dieu ?).

La nature des choses est le domaine de la science depuis longtemps maintenant, par raisonnement logique et confrontation à la réalité première (la réalité telle qu'elle est avant toute interprétation).

Si le raisonnement mathématique ne conduit jamais à des massacres de population, même si à partir d'une hypothèse on aboutit à un système bizarre, les théories mathématiques restent inoffensives. Il n'en n'est pas de même pour les raisonnements philosophiques, dont les conséquences peuvent être désastreuses.

Ciel d'orage, photo Jacques Bouchut

Ciel d'orage, photo Jacques Bouchut

Dans notre culture hellénique et judéo-chrétienne, sont profondément ancrés la recherche de perfection, la pureté, et la culpabilité, mais aussi l'idée biblique de compétition et de conquête (du monde, colonies ? marchés ?). Mais il faut compter aussi sur d'autres idées enfouies, qui ajoutent à la confusion de notre époque : la vérité (toujours unique), la raison (pure) qui érige en absolu la preuve mathématique, sans avoir à fournir la preuve effective par confrontation des idées à la réalité première. En philo, il n'y a jamais de reconstitution judiciaire. La beauté du raisonnement suffit.

Or, l'opinion sophiste, cette horreur socratique selon l'héritage platonicien, prend en compte la réalité première des choses et des êtres vivants. La réalité, pas l'idée qu'on peut s'en faire (réalité seconde, la seule réalité pour la plupart des gens). L'opinion sophiste commence par constater ce qui est, ce qui existe, la multiplicité des points de vue, des règles, des organisations, des façons de vivre. Ensuite, elle compare, elle accumule des connaissances, recherche des solutions efficaces aux problèmes pratiques. Enfin elle enseigne, elle vulgarise, elle diffuse du savoir. Parce que les acteurs, ce sont les citoyens.

Cependant, quand je donne mon opinion, c'est une opinion parmi d'autres, comme mon vote, en société démocratique, est un vote parmi d'autres. Mon opinion est une goutte d'eau noyée dans la masse de l'opinion publique, celles des autres citoyens.

Que peut-on constater à notre époque ? Quel est le bilan de l'économie mondiale ? Comment sont traitées les populations ici et là ? Dans quel état se trouve la planète, la Terre ?

Comment, ici et là, des solutions nouvelles se mettent en place ? Quelles sont les pistes de changement qui se dessinent dans l'ombre des académismes ? Qu'est-ce qui se passe vraiment, au-delà des discours, des contes de fées des uns et des autres ? Comment s'exerce la créativité humaine, rempart au totalitarisme de la pensée, de la communication, au totalitarisme politique, économique ? La créativité qui produit du multiple, de la différence, de la fantaisie, de la bonne humeur. De la vie.

Bref, dans le monde réel, avant toute idée que chacun peut s'en faire, que se passe-t-il ? Des gens meurent, sont blessés, s'enfuient. Des gens perdent leur source de rémunération, leur logement, des conditions de vie humaines (seuls les riches ont droit de vivre normalement ?). Des gens sont humiliés, déniés dans leur existence. Des gens, des animaux sont maltraités Des gens, des animaux, des plantes sont malades de la pollution, irradiés, empoisonnés (pesticides, insecticides). Des gens, des animaux, des plantes subissent des catastrophes climatiques directement liées à l'impact des sociétés...

Des femmes, des hommes, des enfants, des animaux, des plantes, des régions du monde.

Les contes de fées, on y croit dur comme enfer sur Terre ? Combien de temps encore ?

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