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Vivre en paix

Un jeune chien n’est ni un enfant ni un jouet

Mercredi 18 juillet 2018 - Paysages colorés

C’est pourquoi l’arrivée d’un jeune chien à la maison nécessite un comportement approprié. Pour cela, il y a des règles simples qui facilitent la vie de tout le monde.

Précisons que je parle d'un chien de compagnie.

Photos : Jacques Bouchut

Nourriture - Repos - Soins - Propreté - Éducation - Vocabulaire - Vivre en société - Mauvaises habitudes en croyant faire plaisir

Même s’il est craquant, d’autant plus si c’est un chiot, un chien n’est pas un jouet à notre disposition pour notre bien-être psychologique. Pourtant, la présence d’un chien dans la famille est bénéfique aussi bien aux enfants qu’aux adultes.

Le chien et l'enfant

Même s’il peut faire illusion, un chien n’est pas un enfant, n’est pas un être humain. C’est un être vivant dont le comportement et la psychologie sont très différents de ceux des êtres humains.

Le plus étrange c’est qu’on peut communiquer très facilement avec un chien, tout en ne comprenant pas grand-chose de son univers mental. Pour comprendre, il faudrait qu’il nous explique nos erreurs d’interprétation et ses états d’esprit.

Si on accepte l’idée qu’un chien n’est pas un être humain, il est possible d’observer l’animal dans ses façons de faire, dans ses processus répétitifs et de repérer ses émotions, ses envies, ses besoins. Après tout, un chien n’est pas un extraterrestre.

Spontanément un chien vous observe et cherche à vous imiter. Il a envie d’être avec vous et de participer à vos activités. S’il vous voit faire quelque chose, il sera tenté de faire pareil. En conséquence, il y a des choses qu’il vaut mieux faire quand le chien n’est pas là, pour ne pas le disputer ensuite quand il fera la même chose.

La mère avec ses chiots

Quand on a une portée de chiots, leur mère s’occupe de tout pendant 3 semaines : elle leur donne à manger et les nettoie en leur léchant le ventre et les fesses. À partir de la 4e semaine, on commence à compléter leur alimentation et à les éduquer pour qu’ils soient bien élevés. C’est-à-dire d’une compagnie agréable.

Nourriture

Un chien, jeune ou adulte mange toujours après vous. Sinon, c’est lui qui impose ses volontés à toute la famille, surtout si c'est un chien dominant. Il se comportera comme un chef de meute et finira sur les fauteuils ou sur le lit.

Un chiot a une nourriture et un rythme adaptés à son âge : comme son estomac est petit mais ses besoins grands, il mange 3 fois par jour jusqu’à 6 mois, puis 2 fois par jour jusqu’à un an.

Entre 4 mois et 8 mois, c’est à ce moment qu’il mange le plus pour grandir, faire ses dents et se dépenser en courant et en jouant. Donc sa ration journalière augmente jusqu’à 4 mois, se stabilise, puis diminue à partir de 8 mois. Vers l’âge de 1 an, il change d’alimentation : le jeune chien passe d’une nourriture de chiot (puppy) à une nourriture d’adulte. Il ne mange plus que le soir. En fait, on peut continuer à lui donner un peu le matin.

La nourriture d’un chiot est plus riche en protéines (autour de 30%) que celle d’un chien adulte.

Chaque chiot a sa gamelle

Quand un chiot ou un chien mange, on le laisse tranquille. Chaque chiot a sa gamelle et on le surveille pour que chacun mange bien sa ration. Sinon, les plus malins ont vite fait d’aller manger dans la gamelle des autres ou de manger plus que leur part s’il n’y a qu’une gamelle commune.

Dedans et dehors, chiens et chats doivent toujours avoir accès à de l’eau fraîche et propre.

Repos

Comme un enfant, un chiot a besoin de beaucoup de repos. Il veut jouer, se défonce par moments surtout s’il est sollicité, et oublie… de se reposer. Il dort la nuit, mais a besoin de repos aussi dans la journée.

Le chiot dort

On lui a choisi une place à l’écart, au calme, avec sa caisse, son panier ou son tapis (chiffon, vieux drap plié, couverture). Un bout de chiffon suffit pour qu’il ait le sentiment d’être chez lui. Et c’est un bon moyen pour qu’il se tienne tranquille à l’écart de la famille en train de manger (au lieu d’être sous la table). Quand on ne veut pas le reléguer à sa place habituelle, on met l’un de ses chiffons un peu à l’écart du groupe pour lui indiquer sa place momentanée.

Il y a des gens qui préfèrent que leur chien dorme dehors. Mais dans ce cas, il ne faut pas s'étonner s'il passe la nuit à aboyer chaque fois qu'il entend des bruits.

Soins

Un chiot mâchouille ce qu'il trouve

Un chiot mâchouille et mange n’importe quoi. D’une part il a mal aux dents pendant la croissance jusque vers 5 à 6 mois, d’autre part il découvre le monde avec sa gueule. C’est pourquoi, de 2 à 6 mois, il est important de le vermifuger chaque mois.

À 2 mois on le mène chez le vétérinaire pour le faire vacciner, avec rappel un mois plus tard, puis chaque année.

Le traitement contre puces et tiques est important au printemps et à l’automne. On peut donner chaque mois un cachet contre vers, puces et tiques. À vous de voir avec le vétérinaire.

Propreté

On sort le chiot le matin au réveil, le soir le plus tard possible et quand il se réveille d’une sieste. On le sort après chaque repas. Ainsi le jeune chien prend l’habitude de faire ses besoins dehors. Au début on l’accompagne pour le guider vers l’endroit où on veut qu’il fasse ses besoins.

Éducation

La première chose à faire est de supprimer les causes de problèmes, autant que possible. Ainsi on pourra bloquer des passages, marquer des limites, enlever momentanément des objets fragiles, etc...

Le chiot dans le jardin

Le chiot est dans le jardin potager, parce que l’entrée n’a pas été bloquée par un petit grillage qu’on peut enjamber. La petite bordure n'a pas été assez dissuasive, il a fallu également mettre un petit grillage.

Dès les premiers jours quand on a une portée, on choisit un nom pour chaque chiot et on l’appelle par son nom. Ce qui veut dire qu’on a appris à reconnaître chacun. Chaque chiot est différent des autres physiquement et dans son comportement. Chaque chiot a besoin d’exister dans votre regard.

En termes d’éducation, le premier mot important c’est : "NON !" Tout n’est pas autorisé. Quand un chiot fait ce qui est interdit, on lui dit Non ! d’un ton sec et désapprobateur. Inutile de crier, l’intonation suffit d’autant plus que le jeune chien a besoin d’être rassuré et qu’il n’a qu’une envie : faire plaisir, être adopté, protégé.

On peut associer l’ordre à un geste de la main (ouverte face au museau du chiot).

Ensuite viennent les autres ordres : "Stop !" (il arrête ce qu’il est en train de faire, comme sauter sur les gens, aboyer, mordre, etc...). "Tu viens" (pour le faire revenir vers vous). "Assis" (il s’arrête et attend là où il est).

On l’encourage à bien faire et on le félicite : "C’est bien".

On le libère d’un ordre : "Va jouer" (maintenant tu peux faire ce que tu veux).

Et puis, petit à petit on l’habitue à obéir en associant un mot avec chaque situation, toujours le même mot pour la même situation : Monte, descend, entre, sort, etc... On profite de ce qu’il fait naturellement quelque chose pour associer un mot.

Le plus difficile c’est de l’arrêter quand il court et de le faire revenir, car il vit dans l'instant et ce qu'il fait est beaucoup plus intéressant que de vous obéir. Sa sécurité ou celle des autres peut être en jeu. Le chiot et plus tard le chien peuvent être cause d’accident. Donc c’est très important qu’ils obéissent aux ordres "Stop !" et "Tu viens". Patience et persévérance.

Un chien est un animal sociable qui aime la vie en groupe. Il aime jouer, c’est pourquoi on peut l’éduquer facilement en jouant avec lui, en le félicitant quand il réussit, c’est-à-dire quand il a compris et qu’il accepte l’ordre que vous lui avez donné. Parfois, il suffit d’attendre un peu que le chiot se décide

Le chiot a envie d’être avec vous et de vous faire plaisir. Il comprend au ton de la voix et à vos gestes, votre comportement, si vous êtes content ou non. Il a beaucoup plus de mal à comprendre ce que vous voulez, ce qu’il doit faire et ce qu’il ne doit pas faire. Tout simplement parce que c’est un chien avec son mental de chien. Tout comme vous, avec votre mental d’être humain, vous ne comprenez pas grand-chose du chien, vous n’avez ni les mêmes envies, ni les mêmes besoins.

On ne dispute pas un chiot si on ne le prend pas sur le fait. Quand vous le disputez, il comprend qu’il se fait gronder, mais soit ne comprend pas pourquoi, soit comprend autre chose que ce que vous voulez. En général, votre voix mécontente suffit.

Il finira par comprendre quand les situations se répéteront. Il acceptera ce que vous voulez à force de l’avoir félicité pour ses réussites. Une caresse et un mot gentil (intonation) ont plus d’importance qu’une gourmandise. D’ailleurs, si vous lui donnez tout et n’importe quoi quand il réclame, d’une part vous déséquilibrez son alimentation, d’autre part vous aurez appris à votre chiot à devenir un voyou (exigeant et mal élevé). Il finira par embêter tout le monde et vous ne comprendrez pas pourquoi, puisque vous le gâtez tout le temps.

Vocabulaire

Soyez cohérent et constant. Ce qui est interdit est toujours interdit (mordre, aller dans la chambre, mettre les pattes sur les gens, sur la table, monter dans les fauteuils, etc...). Le reste est autorisé. Choisir toujours les mêmes mots pour les mêmes situations. Le chien est capable d’associer beaucoup de mots et d’intonations. Il comprend à sa façon.

Les mots les plus importants, dès l’âge de 3 semaines : NON ! (interdit) et STOP ! (tu t’arrêtes). Gentil (tu te calmes). C’est bien (félicitations).

Le chiot attend, assis aux pieds

Puis viendront : Assis (tu t’assois et tu attends). Tu gardes - ou Tu restes - (on s’en va, toi tu restes ici). Va jouer (l’ordre est levé, tu peux faire ce que tu veux). Ballade (on va se promener). Voiture (on part en voiture et tu viens avec nous). Passe (les gens ou les voitures passent, arrête d’aboyer). À vous de trouver les mots qui vous conviennent. Trouvez des ordres répétitifs, clairs et simples.

Inutile de crier, le chien comprend le ton de la voix et votre comportement. On peut associer un geste de la main (Stop), lever un doigt (Tu gardes). Un ordre n’est donné (en principe) qu’une seule fois. Les répétitions diminuent l’impact, l’autorité et font élever inutilement la voix. Au début, si ça ne marche pas tant pis. On recommence une autre fois. Laissons au chiot le temps de réagir, le temps d’accepter l’ordre, le temps d’apprendre.

Le chiot doit apprendre à rester seul sans se sentir abandonné, sachant que vous allez revenir (comme chaque matin, il vous fera des fêtes ; ce n’est pas le moment de le disputer parce qu’il a fait une bêtise en votre absence).

Le chiot revient quand on l'appelle

Le plus difficile : "Tu viens !" (on peut lever les mains de chaque côté de la tête ou associer un autre geste). On ne répète pas l’ordre : au début, parfois il suffit d’attendre que le chiot se décide. S’il ne vient pas, on peut s’accroupir (en général, c’est irrésistible). Si malgré tout il ne vient pas tant pis pour cette fois. S’il finit par venir on le félicite. Le chiot apprendra petit à petit à force de répéter les courtes séances d’apprentissage.

Le plus simple est d’associer toujours le même mot à une situation. Il vient vers vous naturellement, vous lui dites "Tu viens". Il s’assied, "Assis". Il se couche, "Couché". Il monte, "Monte". Il descend, "Descend". Petit à petit il apprend.

Aucune crainte à avoir : les chiens reconnaissent facilement beaucoup de mots, qu'ils associent clairement à des situations particulières.

Vivre en société

Un enfant avec une portée de chiots

Jusqu’à 2 mois un chiot est sociabilisé par sa mère et ses frères et sœurs. Également par son entourage, adultes, enfants, chien, chat...

Le chien et le chat

À partir de 2 mois, pour qu’il soit bien élevé on habitue le chiot à de nombreuses situations : vétérinaire bien sûr, ville (voitures, bruit), campagne (nature, animaux), contact avec les gens, marcher en laisse (attacher la laisse à un harnais plutôt qu’au collier, ce sera beaucoup plus agréable pour lui et vous).

Le chien en laisse avec un harnais

Mauvaises habitudes en croyant faire plaisir

Si vous donnez une biscotte beurrée à votre chiot, croyant lui faire plaisir, vous créez un problème. Car c’est vous qui lui apprenez à mendier. C’est vous qui lui donnez le goût des biscottes avec du beurre. De plus, vous lui apprenez à vous commander, à devenir exigeant, pendant que vous apprenez à lui obéir, à satisfaire ses caprices.

Un chien qui n’a pas pris cette mauvaise habitude dès le plus jeune âge, n’exige rien car il n’a aucune envie de ce qu’il ne connaît pas. Il est bien avec vous, ça lui suffit.

Donc, ne donnez jamais rien à votre chiot quand il réclame. Très vite il ne réclamera plus rien. Donnez-lui à manger après vous. N’acceptez pas tout ce qu’il veut quand il en a envie, car c’est vous qui commandez... ou lui ! Son instinct de chien le porte à tenter de dominer son entourage ou à se glisser dans le groupe.

Si vous ne voulez pas passer votre temps à interdire et gronder, supprimez toutes les causes évidentes de problème. Par exemple, interdisez un accès avec une planche ou un carton, le temps qu’il apprenne, qu’il s’habitue. Plus besoin de dire NON ! Tracez des frontières avec des piquets et des bâtons ou des ficelles, des bordures de grillage au jardin, ensuite il n’aura plus besoin de rien pour savoir où sont vos territoires, ceux du chat et les siens.

Les chiens sont généralement beaucoup plus malins qu’on croit et ils ont un très grand sens du territoire. Un chien est tout à fait capable de courir jusqu’au portail ouvert et de s’arrêter à la limite, sans sortir de la propriété. Pour cela, il suffit de lui apprendre les limites en lui expliquant ce qui est interdit. Tout le reste est autorisé, pas besoin d’explication.

Rappelez-vous : le plus grand plaisir d’un chien, c’est que vous soyez content, c’est de sentir qu’il existe et que vous l’aimez.

Un chiot de 3 mois joue avec une branche

Prolongations :

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