Trop c'est trop, cette fois ça suffit avec le Maghreb islamique.

J'en ai par-dessus la tête de la rhétorique des journaux télé à longueur de journée. Quand on entend ce qu'on entend, tout le temps, on se demande si, à la télé, il y a une personne sensée qui écoute. Qui entend ce que cela dit, Maghreb islamique, comment ça diffuse la peur, ça infuse la haine dans la société.

mise_au_point_4.jpg
Mise au point 4, Jacques Bouchut, février 1978

Non seulement ces mots balancés dans la poubelle médiatique font la pub du terrorisme et du banditisme, confortent les idées (si on peut dire) d'extrême-droite, mais en plus, quand on pense à ce que coûte chaque seconde télé, faire de la pub gratuite aux heures de grande écoute est un gaspillage intolérable en période de dette et de mondialisation. Je proteste.

Islamique, islamiste, islam, musulman... toute la sainte journée, associés au terrorisme, au banditisme, est-ce ça fait rêvasser des cancres au fond de la classe, qui se sentent un peu nostalgiques ? Pour qui ça évoque :
- la lessive blanc de blanc qui lave plus blanc ?
- la messe catholique du dimanche en latin ?
- noce feras-tu la nuit d'Halloween ?
- les araignées carnivores, les rats dégoûts croque-morts, les serpents à sornettes ?

Personne ne se souvient donc des cours d'histoire au lycée ? L'Inquisition chasse aux sorcières.

Grosse colère.

Maghreb islamique, ça sonne bien, on en a plein la bouche, ça fascine, assassine aussi.

Avant de s'offusquer quand ce discours revient brutalement dans la bouche d'un pauvre idiot, d'une pauvre idiote, avant de censurer, de condamner, de réduire en bouillie la liberté d'expression, car c'est de cela dont il est question, il faudrait peut-être s'interroger sur ces discours banalisés, à la télé, dans la société, prononcés par des gens sans histoire, tranquilles, bien citoyens et tout et tout, ces discours qui disent la haine, même si on ne s'en rend pas compte, même si on ne l'entend pas tout de suite. C'est la suite, justement qui risque de poser problème. Qui a déjà posé problème dans le passé, quand des voyous prennent le pouvoir.