Eboulis nuit, fréquence phare, bonsoir.

Inutile de vous dire, noctamboulis qui nous rejoignez pour cette émission de la rentrée, que vos congés payés s'en sont allés avec l'été. Hélas, hélas, ce seront peut-être les derniers, payés.

On ne sait pas quoi faire : le ton est monté entre Paris et Berlin. Comme vous le savez, la France gaullienne a fait le choix du nucléaire militaire et civil en 1945 (science, défense, industrie). De son côté, l'Allemagne objecte qu'en 67 ans de recherche la France ne sait toujours pas résoudre de manière satisfaisante les problèmes de sécurité nucléaire, tant au niveau du fonctionnement des centrales que du traitement des déchets radioactifs. Si les Français acceptent toujours de courir le risque, les Allemands demandent à l'Europe s'ils ont le droit d'imposer ce risque à leurs voisins espagnols, italiens, suisses, allemands, luxembourgeois, belges, néerlandais et britanniques. En direct de Paris, notre correspondante : Siboule ? Personne. Elle est encore en vacances. Ah, ça y est : Siboule, où en est-on de l'ultimatum lancé par l'Allemagne à la France ?

Ah Blousie, j'arrive tout juste des Antilles, ils ont un rhum, là-bas, merveilleux...

Siboule... Quel temps fait-il à Paris ? Au ministère des affaires étrangères...

Vous n'êtes pas à Paris, Blousie ? Ici à Freiburg c'est de la folie, tous les écolos d'Europe se sont donné rendez-vous dans la ville libre la plus verte du monde. Guten Abend, Herr Bürgermeister. La menace est claire, que se passera-t-il si la France refuse de céder ?

Guten Abend Frau Ciboulette, nous avons demandé aux français de renoncer à leurs centrales dans une distance de 300 km de nos frontières. Les députés européens envisagent que seule la centrale de Civaux pourrait être autorisée en France. A cause de sa position centrale, éloignée des frontières européennes. Aucun problème en cas d'accident nucléaire : il y a juste un cimetière mérovingien à proximité.

merovingien.jpg
Nécropole mérovingienne à proximité de la centrale nucléaire de Civaux, photo Jacques Bouchut

En cas de refus de la France, ce sont toutes les éoliennes du Bade Wurtemberg qui souffleront le grün Blitz, la colère des verts, sur le vignoble alsacien. Ce sera terrible !

Terrible en effet. En pleine période de vendanges, on peut s'attendre à une vive réaction : Siboule, savez-vous ce qui se passe en ce moment à Colmar ?

Comme me le disait à l'instant le ministre de la culture, il faut prendre du recul. monsieur le ministre, vous n'êtes pas venu à Brest pour inspecter notre marine de guerre. Quelle solution de sortie de crise proposez-vous ?

Les allemands ne veulent pas de Fessenheim, malgré le joli nom de la centrale, je les ai compris. Mais je leur dis également, en toute amitié franco allemande, qu'ils n'ont rien à craindre. Nous allons construire un mur antibruit, en cas d'explosion de la centrale. De plus nous installerons des paraboles géantes au milieu du Rhin, en territoire français, naturellement.

Quel sera le rôle de ces paraboles géantes, monsieur le ministre ?

En cas d'accident majeur, elles renverront les radiations du côté français et l'énergie nucléaire sera stockée dans un synchrotron synergique, qui cernera Lille, Paris, Lyon et Strasbourg. L'électricité produite permettra d'alimenter ces villes pendant 1000 à 2000 ans, selon la gravité de l'incident.

C'est toujours ça de gagné, à vous le studio.

Depuis Fukushima, les japonais ont arrêté leurs centrales. Siboule, est-ce qu'au Japon on s'éclaire à la bougie ?

Ah Blousie ici à Kyoto c'est complètement ding, dingue, dong. Les cloches des monastères sonnent jour et nuit, de sorte que les vibrations produisent de l'électricité zen, très respectueuse de l'environnement. C'est ma-gni-fique !

Eboulis pour la nuit, faites de beaux rêves.