Eboulis nuit, fréquence phare, bonsoir.

Ce soir nous ouvrons une page spéciale sur les bonnes affaires de la mondialisation. A l'heure de la concurrence internationale et de la mobilité des salariés sur fond de crise financière, s'ouvrent d'énormes possibilités d'économies substantielles dans le panier de la ménagère. Sans plus attendre, nous rejoignons notre correspondante à Beijing. Bonsoir Siboule, désolé de vous faire veiller jusqu'au petit matin. Alors dites-nous, quelles sont les bonnes affaires à faire ce matin au marché de Pékin ?

Ah Blousie, ici c'est de la folie au Kalahari. Grâce à Mma Makutsi, j'ai déniché un petit restau en plein milieu du désert, c'est une merveille de fraîcheur à cette heure. Rapport qualité prix garanti, c'est le restaurant le moins cher du monde, vous m'entendez Blousie ? du monde ! Au menu, je vous recommande le renard du bush au miel du désert grillé au sable chaud. U-ne-mer-veille ... Alors, pour les meilleures affaires de la mer, on fera son marché aux îles Féroé. Vous me suivez ?

Tout-à-fait, Siboule. Mais comme vous le savez, se garer à Paris c'est de la folie...

Alors là pas de problème, Blousie dès maintenant vous garez votre voiture sur les parkings gardés 24h sur 24 de Tombouctou : il y a de la place, c'est énorme la différence de prix avec Paris et vous ne collectionnez plus les contraventions. Là tout de suite, c'est carrément vide. C'était Siboule en direct de Tombouctou, à vous le studio.

Oui. Pour dénicher les bonnes affaires, vous êtes maline...

Les Malouines, je ne peux pas dire, par contre j'ai une affaire en or pour le logement. Enfin, pour le moment. Il est prudent de se dépêcher avant que les habitants des villes les plus chères de la planète, Oslo, Zurich, Genève, Copenhague, Stockholm, Tokyo, Sydney, Helsinki... se précipitent dans les steppes de Mongolie. Là Blouse, y a pas moins cher, c'est pas possible. Et la taxe d'habitation est réduite à 3 fois rien. Le meilleur choix, à 1600 m d'altitude, idéal avec le réchauffement climatique, c'est Dalandzadgad au nord du désert de Gobi. C'est ma-gni-fique ! Siboule en direct de Oulan-Bator.

Et pour les transports ?

Ah Blousie, si vous saviez, vous ne prendriez plus le TGV, ni le métro, ni les bus, ni rien en France. Je vous parle en direct des Pompiers, l'une des principales gares routières de Dakar. Plus de 10 000 personnes par jour au départ ou à l'arrivée ! Ici, cars rapides et taxis de brousse vous emportent, dans un nuage de latérite, à Ngor, Pikine, Rufisque, Ouakam, pour les uns et Touba, Saint-Louis, Thiès, Kaolack, Tambacounda, Ziguinchor pour les autres. A des prix défiants toute concurrence. Seul point noir : éviter absolument les veilles de fêtes telles que la Korité, la Tabaski parce que c'est noir de monde. Oups, à vous le studio.

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- - - Evolution de la dette à la Chine en fonction des marchés entachés d'incertitude - Gribouillages à la suie, mars 2012, Jacques Bouchut - - -

Bon, je résume pour les noctamboulis qui déboulent au milieu de la nuit : En ces temps de mobilité délocalisée, avec un peu d'astuce il y a plein d'affaires à faire à travers le monde, concernant le logement, les places de parking, les restaurants, la nourriture, les vêtements, et plein de trucs inimaginables en période de crise. Par exemple, on achètera son essence au Mozambique ou au Vénézuela, on fera ses courses en Thaïlande, aux Philippines ou en Indonésie.

Enfin pour clore cette page spéciale, Que choisir avant de mourir a consacré son numéro de mars à l'incinération en Inde. Oubliez Bénarès et l'Inde du nord, un comparatif ville par ville est nettement en faveur du sud, avec un coup de coeur pour Tiruchirāppalli. Quand on voit ce qu'on voit, les tarifs prohibitifs de la pompe funeste en euros, quelques roupies ça fait réfléchir.

Eboulis pour la nuit, faites de beaux rêves.