Music is the healing force of the universe
Albert Ayler, Nuits De La Fondation Maeght 1970

Une cour d'école le jour de la rentrée. Vide. Devant la porte, l'institutrice. Elle regarde le vide, puis la feuille de papier devant son nez, puis, baissant la main, elle regarde à nouveau le vide. Finalement elle se décide à lire sa liste. Entre chaque nom, une pause, un regard perplexe vers la cour. Ce regard ne voit rien, il dit seulement : Mais où sont passés mes élèves ? Puis : N'est-ce pas la rentrée aujourd'hui ? Puis : Je suis folle.

Vous n'allez pas le croire : je ne sais pas où sont passés mes personnages. Rien à faire, j'ai déjà appelé : Jicook... Jokico... Jaume... Sophie... Blousie... Ils ne répondent pas.

Ah ! j'ai une idée, la correspondante d'Eboulis nuit saura bien les trouver, ces petits emmerdeurs : Siboule, vous m'entendez ?... Allez Siboule... Elle non plus. Ou elle aussi.

Tous mes personnages ont disparu, voilà pourquoi vous lisez un billet Coucou c'est moi. Pas de fiction pour aujourd'hui, tant pis. On est tout seul et on écoute le dernier souffle d'Albert Ayler. Tout le monde autour de nous a disparu. Fin d'été, ce qui fut n'est plus. Absence, présence, juste des souvenirs en ombre chinoise. Et cette musique réconfortante, cette force universelle qui guérit vos blessures.

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Les ombres de l'absence.