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Savane africaine - Tanzanie - Juillet 2010

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Forêt en Amazonie - Brésil - Août 2010

Voilà 2 idées parmi d'autres, la savane africaine, la forêt en Amazonie. En réalité, ce sont 2 extraits de photos prises en France, chez moi : des herbes sèches au pied de la rocaille et de la mousse sur le bord du bassin.

Sur mon territoire, il y a autre chose : moi, le sanglier, le blaireau et le lapin. N'allez pas croire que chacun vit tout seul dans son coin : je dis le blaireau comme j'aurais dit le corbeau et le renard, pas comme le Petit Prince et sa rose. Donc, il y a des sangliers, des blaireaux, des lapins, des renards, etc... ceci n'est pas un inventaire pour la FRAPNA.

Si j'étais Blaireau Noir ou Lapin Blanc, tout en restant moi-même, je dirais peut-être : Sur mon territoire, il y a une emmerdeuse pas croyable ! Moi. Moi quand j'étais moi avant de devenir blaireau.

En effet, l'hiver dernier, un matin j'ai découvert avec stupeur un chantier pas possible sous mes pruniers sauvages : la terre avait été retournée, une jolie terre noire légère, explosée. Au fond de chaque trou gisait un arum sauvage, dont le bulbe avait été sauvagement décapité et mangé. Furieuse, je pars en chasse le long de la clôture et trouve rapidement un passage qui me laisse perplexe : trop petit pour un sanglier. Alors je me dis : C'est un petit sanglier. Et j'ai longtemps cru que le coupable était une mère sanglier encourageant son petit : Allez mon fils, va bouffer de l'autre côté de la clôture.

Jusqu'au jour où j'ai vu, sur le chemin à l'extérieur de la propriété, un magnifique blaireau. Alors là, j'ai tout compris : le coupable, c'était lui ! Les arums le blaireau, c'est bien plus logique. Mon petit salaud ! Mais en tant que grande lectrice de La Hulotte (n°44 Malfaisants et nuisibles), revue écolo avant l'heure, pour moi le blaireau c'est bien (sous-entendu, même si ce n'est pas dit dans la Hulotte, le sanglier c'est pas bien). Alors, de Ce petit salaud, c'est lui qui a fait tous ces dégâts, je passe à Blaireau Noir dans le champ d'arums Mmm, les délicieux arums que voilà. Et plus tard, Blaireau Noir de l'autre côté de la clôture : Quelle emmerdeuse, celle-là. En plus, elle n'en a rien à foutre de tous ces bons arums.

D'où, l'emmerdeuse c'est moi. Parce que j'ai bouché tous les passages, l'un après l'autre, jusqu'à ce que, sangliers, blaireaux, lapins, renards, je ne veux pas le savoir, on-ne-pa-sse-plus ! Sur mon territoire, il y a ma propriété et ailleurs. Débrouillez-vous avec ailleurs, les bois, les prés et tout ce que vous voulez.

Voilà comment on se fait des idées justes et des idées fausses, des idées. A part, moi, quelques pruniers, quelques arums, Blaireau Noir que j'ai vu filer, le chemin, la clôture, seules réalités, tout le reste ce ne sont que des idées. Les idées qui me sont venues après avoir constaté un fait : les dégâts sous les pruniers.

D'où ma 2e déclaration :
2 - Après la réalité, il y a l'idée qu'on se fait de la réalité.

Merci Paul Watzlavick. Il y en a encore qui ne font pas la différence entre leurs croyances et la réalité.