Traverser cette forêt devant moi est au-dessus de mes forces. Je suis déjà épuisé par cette marche dans les cailloux du Jardin de pierres. Et voyez cette forêt impénétrable. Ces fleurs, lancées vers le ciel comme des séquoias géants, ne vous semblent-elles pas terrifiantes ? Sur la photo que je vous envoie, c'est vrai qu'on ne ressent pas de menace. Mais ici, vous verriez, c'est impressionnant. Pour quelqu'un comme moi en tout cas.

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A choisir, je vais plutôt contourner l'obstacle par la droite (sur la photo et en vrai). Ce sera moins éprouvant pour moi d'escalader ces blocs que l'on devine au loin. Poser les mains sur le rocher, caresser le grain de la pierre, glisser les doigts dans une fissure, voilà qui me réjouit maintenant que mes pieds sont fatigués de marcher.

Je pense à vous, vous savez. Mais ne vous connaissant pas encore (je rêve), je ne peux pas dire que je pense à vous comme si j'évoquais le souvenir d'un moment de bonheur par exemple. Bien entendu, je ne peux pas dire non plus Je vous aime. Alors je dis Je pense à vous. Je n'ose pas dire J'imagine. Je pense à vous, c'est tout.

Oui, parce que je trouverais parfaitement déplacé d'imaginer la situation comme au cinéma. Ah non ! sûrement pas. Un garçon rencontre une fille, parfois c'est le contraire, et plouf (c'est le mot), ils se tombent dans les bras et que je t'aime et que je t'aime (coller-remplacer par baise). Non ce n'est pas possible ! Dernièrement (ça me fait rire (dernièrement ça me fait rire parce que c'était avant que je me retrouve sur cette exo planète Skp-iiMX, que j'ai affectueusement appelée Jardin de pierres, et je ne sais pas quand c'était avant)), le film commençait carrément (rectangulaire) par une scène d'amour. Les 2 personnages font l'amour avant de se rencontrer ! A la réflexion, je me demande s'ils se rencontrent dans le film.

Ouh là là, le temps de causer grimper, le temps a changé. Je ne te fais pas le bulletin météo, mais ici ça craint : d'abord ça s'est mis à sentir le soufre ou un truc dans le genre vapeurs infernales (Mon Dieu ! mais j'y crois pas); et puis une chaleur épouvantable nous est tombé dessus (nous, c'est moi tout seul, malheureusement (alors là, on peut vraiment dire seul : c'est une réalité, pas un sentiment ou une impression de déprimé(e) au milieu de tout le monde)). Il fait une telle chaleur de champ pétrolifère en feu en plein désert caniculaire, que je rebrousse, ce n'est plus possible, il n'y a pas de chemin.

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Normalement, dans une fiction filmique ou romanesque d'initiation, le personnage, sans savoir où il va, ni pourquoi ni comment, suit (subit) un parcours initiatique qui le mène (plouf ! plouf ! c'est le destin qui l'a voulu) au bon moment, au bon endroit, pour rencontrer sa dulcinée prédestinée. Eh bien là, ma belle étrangère, il faut que je te dise ma pensée profonde : Je suis dans la merde avec le destin ! Ces espèces d'oeufs de dinosaures en sont la preuve s'il en fallait une. La preuve menaçante, ricanante : Jicook réveille-toi et arrête de faire le con : tu as un pied en Enfer !