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Jardin de pierres

Planète Terre

Vivre en paix

Jardin d'enfance

Un personnage découvre que son éolienne devient, la nuit, Horloge des vents. Il passe dans un monde fantastique, gardé par les 4 monstres du Jardin d'enfance. Histoire à 5 personnages écrivant chacun leurs billets, où l'on finit par passer d'un blog à un autre... Les billets remis en ordre chronologique ont été publiés en février 2013 sous le titre Jardin d'enfance.

samedi 3 novembre 2012 09:54

La mer et les îles

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Le jardin d'enfance baigne dans une couleur étrange ce matin. Je dis baigne parce que je pense à la mer et les îles. Les petits monstres sont tous là, au pied de cette montagne, vertigineuse et sombre, qui m'attire, je ne sais pas pourquoi.

J'entends Dormor me dire Dépasse tes craintes, viens dans le jardin d'enfance, qu'est-ce qu'il y a de mal, après tout ? Ipodanlo me conseille en même temps Laisse tomber, il n'y a rien à voir, c'est juste un gros caillou. Navigavu également Qu'est-ce que tu attends, jette-toi à l'eau, part à l'aventure. Ils parlent tous en même temps, cependant je les entends distinctement. Ils me parlent tous, sauf Kaakiri. Et je pense Kaa qui rit. Le monstre de la Parole reste silencieux. Mauvais signe.

Pourtant, d'un pas hésitant j'entre dans la mer de cailloux orangés et me dirige vers l'île au trésor. Au trésor, ça me fait rire. Alors que je marche d'un pas plus assuré, aucune crainte de se noyer, une idée bizarre me vient à l'esprit : je suis au volant d'une voiture et je regarde dans le vide les mains sur le volant. Badh, c'est moi, Badh posa les mains sur le volant de sa voiture...

vendredi 19 octobre 2012 07:00

Les monstres du jardin d'enfance

Quel drôle d'endroit ! Il semble que ce soit un jardin de pierres. Je dis jardin de pierres alors que, curieusement, je pense jardin d'enfance. Plus étrange encore, ces petits monstres de pierres parlent dans ma tête. Je dis dans ma tête pour me rassurer. En fait, leur voix étrange vient du jardin d'enfance. Ils m'interpellent à tour de rôle en fonction des circonstances :

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Moi, Dormor, monstre de l'Est à 3 heures, je suis le gardien du jardin d'enfance. Apprivoise tes peurs, prends garde à toi et aux autres, sois vigilant, interprète les signaux d'alarme, défends-toi, anticipe.

Moi, Kaakiri, monstre du Sud à 5 heures, je suis le gardien du jardin d'enfance. Parle, dis quelque chose, explique, raconte, proteste, conteste, exprime tes émotions, tes sentiments, tes pensées, tes jugements.

Moi, Ipodanlo, monstre de l'Ouest à 9 heures, je suis le gardien du jardin d'enfance. Paresse et inaction, du calme, prends du recul, laisse faire, prends ton temps, change-toi les idées, laisse aller, arrête de parler dans le vide, laisse tomber, tu verras bien plus tard.

Moi, Navigavu, monstre du Nord à 11 heures, je suis le gardien du jardin d'enfance. Passe à l'action, tout de suite, lance-toi à l'eau, entreprends, construis, modifie, répare, détruis, recommence, explore, découvre.

Alors que je m'éloigne du jardin de pierres, il me semble que, toutes ces années, de curieux monologues contradictoires guidaient mes choix improvisés. Des petits monstres turbulents m'accompagnent quand l'horloge de mes rêves tourbillonne au gré du vent. Les heures s'envolent dans la nuit. Toutes ces années ont passé avec, enfoui quelque part dans ma mémoire, un jardin d'enfance.

A suivre...

jeudi 11 octobre 2012 11:00

Le monstre de l'Action

Gardiens du jardin d'enfance, nous sommes. Navigavu au Nord, je suis le monstre de l'Action.

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Alors Prune, tu n'as donc rien d'autre à faire que te tourner les pouces ? Tu crois qu'il suffit de penser dans la vie pour avancer, réfléchir, méditer et tout le tra la la, mais que c'est que ça ? Ah non, Prune, les paresseux comme toi, je n'en fais qu'une bouchée ! Remue-toi, sacré mille milliards de non de non, oublie toutes tes idées à la con et passe à l'action !

Mais c'est qu'il est mollasson ce garçon. Heureusement que je suis là pour le réveiller. Il croit quoi ? que la vie passe en rêve, le corbeau et le renard, la cigale et la fourmi, on se prélasse le matin, on fait la sieste l'après-midi et on passe la soirée à rigoler avant d'aller dormir ?

Non, non et non, ce qu'il te faut mon garçon, c'est de l'action ! Assez de réflexion, plus de philosophie, on se lance dans la bagarre, on construit, on démolit, on recommence en suivant de nouvelles pistes, on répare, on consolide, on résout des problèmes, on trouve des solutions.

A suivre...

mercredi 10 octobre 2012 23:00

La 11e heure et le jardin de pierres

Le jour le plus surprenant fut celui où je me suis perdu. J'étais sorti me balader pour me détendre un peu après une journée particulièrement stressante. Et je me suis perdu dans un coin de forêt que je connais pourtant par coeur. Soudain, je me retrouvais chez moi, devant l'horloge des vents, qui indiquait, de manière absurde, 11 heures.

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Le temps de sortir de ma perplexité, je fus propulsé dans un jardin de pierres. Je me retournais pour voir qui m'avait poussé aussi brutalement : personne !

A suivre...

mardi 9 octobre 2012 09:00

Le monstre de la Paresse

Gardiens du jardin d'enfance, nous sommes. Ipodanlo à l'Ouest, je suis le monstre de la Paresse.

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Prune, stop ! Mon garçon, au train où tu vas, ça finira mal : crise financière et cardiaque, apoplexie neuronale dégénérative, syndrome du trou d'énergie négative, chômage technique par accumulation de stress post traumatique, dans le meilleur des cas. Prune, il faut te ressaisir et prendre la vie du bon côté.

Pour commencer, tu arrêtes ! Toujours quelque chose à faire, un problème à résoudre, réfléchir, construire, organiser, réparer... Amnésie totale, tu ne te souviens de rien. Là tout de suite, tu tombes en stupeur bêtasse. Il fait bon, il fait beau, la vie est belle, tout va bien, on respire l'air printanier chargé d'odeurs enivrantes, on entend le bruit du vent dans les branches et le son des abeilles butineuses (si, si, souviens-toi, dans ton enfance, du bon miel de grand-mère).

Bien, Prune, continue de te détendre. Laisse courir le monde à sa perte. Oublie la rumeur infernale de la Bourse en délire. Ignore le vacarme des bombes et les hurlements. Ecoute cette musique enchanteresse qui berce ton esprit apaisé. Tu flottes entre deux rêves éveillés, dans un édredon de tendresse mollassonne. Laisse venir les idées polissonnes pour plus tard. Et jouis de cet instant suspendu, où le temps n'est plus qu'un pâle souvenir d'horloge détraquée indiquant pour toujours la même heure langoureuse.

A suivre...

lundi 8 octobre 2012 21:00

Le rêveur de la 9e heure

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Le jour où l'horloge des vents indiqua 9 heures, je me souviens d'avoir été particulièrement rêveur. Je laissais passer le temps à rien faire, ce qui n'est pas du tout dans me habitudes, je précise. Pourtant je me laissais aller en rêveries mollassonnes. Incroyable, moi hyper actif, j'avais été stoppé dans mon élan, comme on tombe raide amoureux en allant chercher des carottes au supermarché.

A suivre...

vendredi 5 octobre 2012 05:00

Le monstre de la Parole

Gardiens du jardin d'enfance, nous sommes. Kaakiri au Sud, je suis le monstre de la Parole.

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Je suis le plus beau, je suis le plus fort ! C'est un bon début, Prune ; Il ne suffit pas d'être dégourdi dans la vie, encore faut-il que les autres s'en rendent compte. Tu n'existes que dans le regard des autres, souviens-toi. Ah ce pauvre garçon, heureusement que je suis là pour lui souffler les répliques :

Elle te fait goûter un Pinot noir 2005 Rot Murlé et tu dis Hmmm ! il est bon. Mais c'est n'importe quoi ! Devant ses yeux en point d'interrogation, tu plonges le regard dans ton verre et tu humes ce merveilleux vin à la robe rubis brillante. Tu finis par murmurer Arômes intenses de cerise noire...

Elle est intriguée.

Amande peut-être... encens...

Elle sourit : Sentez-vous ces notes boisées en finale ?

Tu humes encore : Oui. Puis, tu goûtes pour la seconde fois, très attentif aux saveurs cette fois : Bouche ample, bien équilibrée... Des tanins...

Elle te boit des yeux. Tu fermes les tiens : Hmm... longue finale de griotte... Il y a une touche un peu forte... je connais, mais non, je ne vois pas.

Elle dit, amusée : Réglisse, tabac.

Oui, c'est ça, la réglisse... Je ne sens pas le tabac.

Eh bien voilà, ce n'est pas avec ton Hmmm ! il est bon que tu aurais séduit Myrtille, pauvre Prune ! Laisser passer la femme de ta vie avec 4 mots idiots, c'eut été dommage, tu ne crois pas ?

A suivre...

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